GRAVE : DÉCLIN PROGRAMMÉ DE L’ÉLECTRICITÉ FRANÇAISE

Par Jean-Louis BUTRE et Michel GAY

En signant le décret de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) fondée essentiellement sur l’industrie (étrangère) du vent et du soleil, le gouvernement tourne le dos à l’indépendance de la France dans le domaine de la production d’électricité et condamne un peu plus notre pays au renoncement industriel.

Vent et soleil seront les futurs piliers de l’énergie de la France

En pleine crise sanitaire du Coronavirus, Mme la Ministre Elisabeth Borne a signé en catimini le décret sur la Programmation Pluriannuelle de l’Energie (PPE) le 21 avril 2020. Une des mesures emblématiques consiste à « remplacer » des centrales nucléaires par 8000 éoliennes terrestres à l’horizon 2025 (pour produire 5% à 7% d’électricité supplémentaire) et par environ 1000 éoliennes en mer (off-shore) d’ici 2028.

Cette PPE avait pourtant fait l’objet de sévères critiques économiques et environnementales de la part de la cour des comptes.

De plus, ses décrets d’application ne tiennent aucun compte des propositions des consultations des citoyens et des associations, ni de l’existence du rapport de la commission d’enquête parlementaire sur les énergies renouvelables rendu à l’Assemblée Nationale le 25 juillet 2019 par les députés Julien Aubert et Marjolaine Meynier Millefert.

Fondée essentiellement sur le vent et le soleil, cette PPE ignore totalement l’augmentation du bilan carbone de la production électrique due à l’intermittence de ces sources aléatoires de production et le sacrifice des paysages français.

Cette PPE entrainera aussi le doublement du prix de l’électricité des ménages qui atteindra ainsi celui de l’Allemagne (qui serait en « avance » sur la France…).

Planification de la décroissance

Cette PPE reprend essentiellement les conclusions d’un rapport antinucléaire de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME) publié en 2015 et intitulé : « 100% d’énergies renouvelables en 2050 c’est possible ».

Ce rapport s’appuyait lui-même sur les théories de l’association antinucléaire NégaWatt prônant la décroissance et qui prévoit de réduire des deux tiers les besoins en énergie primaire de la France !

Les énergies renouvelables intermittentes sont censées satisfaire les besoins restants…

Les industriels de l’éolien soutenus depuis des années par des groupes antinucléaires, des partis écologistes, des ONG comme Greenpeace, et certains élus, sont en réalité les principaux instigateurs de cette PPE dont ils sont les bénéficiaires et aussi, probablement, les corédacteurs.

Le gouvernement imite ainsi le modèle énergétique « vert » de l’Allemagne supposée être « en avance sur la France », malgré son échec incontestable.

EDF : Démantèlement et vente à la découpe

La mort de la filière nucléaire est programmée, bien que non annoncée officiellement, comme en Allemagne. Pour le moment ne sont citées que les fermetures de 14 réacteurs avant 2035. Mais les autres suivront car aucune industrie de pointe concurrentielle n’est capable de survivre à long terme à un déclin programmé.

Le groupe EDF (dont l’Etat est actionnaire à 83%) dont l’action a perdu 90% de sa valeur historique est aujourd’hui virtuellement en faillite.

Pour trouver de l’argent, le plan « Hercule » du gouvernement consiste à découper EDF en filières et à vendre des actifs, sauf le nucléaire. La cession des barrages est déjà programmée et les centrales thermiques suivront. (https://metainfos.fr/2020/04/23/le-jour-dapres-le-nucleaire-francais-menace-par-leurope-et-le-demantelement-prevu-dedf/)

Le nucléaire sera nationalisé puis marginalisé.

Les actifs du groupe EDF reposent aujourd’hui à 78% sur le nucléaire (58 réacteurs sur 19 sites) qui représentent environ 136.000 emplois directs.

Dans la lignée de la désindustrialisation française (textile, sidérurgie, transports,…) chaque fermeture mettra au chômage des dizaines de milliers de Français. Là encore, des centaines de milliards d’euros seront nécessaires pour les plans sociaux enrobés dans une communication adaptée sur fond de promesses aux salariés.

La France en difficulté financière ne contrôlera plus la production de l’électricité. Elle dépendra alors des aléas du vent, du soleil et des marchés européens.

Il y aura des restrictions, des délestages et des pannes, et l’électricité ne sera plus disponible à la demande mais en fonction de la production !…

Le nucléaire sera bien entendu le coupable désigné à l’avance pour expliquer ces futurs problèmes.

Pourquoi cette PPE insensée ?

La crise sanitaire actuelle, dont personne ne peut aujourd’hui prévoir les conséquences, a déjà déstabilisé l’économie nationale et entrainera des milliers de suppressions d’emplois. Le PIB de la France vient de plonger de 8% et des industries majeures craignent le pire (tourisme, Air France, Airbus,…).

Au milieu de cette crise, des « responsables » de partis politiques écologistes et d’associations antinucléaires crient victoire en affirmant que cette PPE fondant l’avenir de la France sur du vent et du soleil, conduira vers un « paradis vert ».

En réalité elle aura pour conséquence des futures restrictions, la fin de l’indépendance énergétique, et une augmentation massive du chômage.

La Fédération Environnement Durable (FED) et plusieurs associations nationales ont décidé d’attaquer en justice les décrets d’application de cette « extraordinaire » plan de renoncement et de déclin tournant le dos aux décisions historiques du général de Gaule qui avaient conduit la France vers son indépendance énergétique.