DISCRIMINATION POSITIVE ET DÉMOCRATIE

par Bernard PLOUVIER

Tirant une conséquence logique de la subversion soixante-huitarde et de la fin de l’État régi par le Droit napoléonien, de nobles âmes et de beaux esprits, après avoir solubilisé leur marxisme dans l’alcool et goûté à la nouvelle trinité : Haschisch-Cocaïne-LSD (et succédanés, dont le plus célèbre est l’Ecstasy), ont inventé toutes sortes de béquilles sociales pour les moins aptes de nos contemporains.

Le plus beau fleuron de ces béquilles sociales est sans conteste la « discrimination positive », venant compléter la liste – deux fois centenaire – des classiques ascenseurs ripoublicains : Grand-Orient, copinage politique ou syndical, promotion canapé, sans oublier l’universel et diachronique népotisme, qui s’adapte à tous les régimes.

L’on nous avait longuement bassiné avec la honteuse discrimination raciale et sexiste : celle des vilains Blancs et des vilains mâles envers les pauvres colorés et les pauvresses du sexe faible. On nous retourna le coup, en inversant la polarité, et en ajoutant le couplet sur les « handicapés ».

Cela devint une grande conquête sociale, patronnée par Dame Démocratie, qui, telle qu’elle est présentée de nos jours par nos merveilleux politiciens et les marchands de soupe populaire, est une donzelle guère moins recommandable et vertueuse que ses sœurs Liberté, Égalité, Fraternité ou Historia.

Dans certaines Universités des USA à la fin des années 2010, 25% des étudiants sont admis non par ordre de mérite, mais en raison de leur race ou de leur couleur de peau. Le slogan : Liberty for All s’est mué en : Black and Latinos are beautiful.

En France, dès l’Ancien Régime, existaient des bourses d’études pour les « pauvres méritants » (Napoléon Bonaparte en avait bénéficié) et l’Église catholique a toujours assuré l’enseignement quasi-gratuit pour ses ouailles douées les moins riches. Chacun concourrait ensuite selon ses mérites, sa force de caractère et ses aptitudes aux relations humaines. Mais c’était une époque qui précédait la basse démagogie des champions de la promotion des médiocres et des sous-doués.

Or les profonds penseurs cités plus haut, qui sévissent plus que jamais de nos jours, semblent avoir oublié – s’ils les ont jamais sus – les fondements de la Démocratie, la vraie, pas celle des pitres. Ils sont au nombre de deux sur le point ici étudié.

La Loi doit être égale pour tous les citoyens (riches et pauvres, dominants et dominés, élus et administrés). Toute admission à un poste financé par l’État – gestionnaire du Bien Commun – doit se faire en fonction des mérites du candidat et non par piston (racial, religieux, maçonnique), nullement par l’effet du népotisme ou d’un léchage de bottes (voire plus si affinités, ce qui définit la « promotion canapé »).

Si l’on s’en tient à la stricte définition de la Démocratie, soit un gouvernement favorable aux intérêts de la majorité des honnêtes citoyens – ce qui n’a rien à voir avec notre type de régime politique ! –, une discrimination (si l’on préfère un choix biaisé par l’effet d’un quelconque favoritisme) est absolument, totalement, irrémédiablement un non-sens. La discrimination, quel que soit le signe arithmétique qu’on lui attribue, est le triomphe de l’arbitraire.

Les contribuables et les épargnants français qui alimentent le budget de l’État, les consommateurs qui acquittent des taxes parmi les plus lourdes d’Europe, autrement dit ceux qui créent, entretiennent et accroissent le Bien Commun, ont un devoir : celui de protester contre des lois iniques, contraires à toute éthique, quelle que puisse être la motivation pseudo-humanitaire affirmée par les clowns qui les proposent et par les démagogues qui les votent. Démocratie sous-entend : méritocratie, nullement la merdocratie actuelle.

En cas de persistance dans l’erreur de nos doux princes, en cas de dénis répétés de Démocratie, la seule démarche citoyenne qui s’impose est de s’insurger contre un pouvoir abusif, contre des tyrans qui n’ont ni sens moral ni dignité dans l’exercice de leurs fonctions électives.