MAYOTTE LE GRAND NAUFRAGE

par Michel LHOMME

Hier soir, dix-huit ressortissants africains probablement originaires du Congo, du Rwanda et du Burundi sont encore arrivés à bord d’un kwassa à Dapani dans le sud de l’île le 5 juin. Ils ont été interpellés par les gendarmes avant d’être transférés au Centre de rétention administrative où ils demanderont le droit d’asile et seront libérés dans la nature dans quelques jours. La semaine dernière, trois bateaux étaient arrivés en provenance du Sri-Lanka pour l’un et d’Afrique pour les deux autres.

Les Sri lankais ont été rapatriés aux frais du gouvernement français par un vol d’Air Seychelles spécialement affrêté pour l’occasion. Quel coût ?

La politique de lutte contre l’immigration continue d’être aussi ridicule et inefficace par des rafles comme au bon vieux temps de l’occupation, descentes inutiles mais sans doute fructueuses pour les agents de la PAF. Le gouvernement français ne manifeste ainsi aucune volonté politique de contrôle effectif des frontières maritimes de Mayotte alors qu’il s’agit de 80 km de côtes et que Mayotte n’est pas l’Australie.

Pire on s’achemine de plus en plus vers une rupture des infrastructures de Mayotte : ruptures de canalisations d’eau potable régulière et embouteillages monstres au point que pour se rendre à leur travail à 9h à Mamoudzou, les gens du Sud sont obligés de partir à quatre heures du matin. Ubuesque alors qu’un système de transports en commun par navette bateau serait depuis longtemps une des solutions du transport pubic à Mayotte. Bref dans tous les domaines et sans parler de l’éducation où le recrutement de fonctionnaires titulaires accusera à la rentrée prochaine une pénurie faute d’attractivité du territoire, Mayotte plonge. On peut d’ailleurs prévoir dès à présent des troubles violents lors des prochaines municipales 2020 entre rattachistes officiels à la République islamique des Comores et pro-français.

Absence de vision et de réelle planification, tabous idéologiques sur l’accueil des migrants, refus de mettre au pas l’Etat comorien, la France laisse tomber de jours en jours les Mahorais, plus français que les Niçois, et ce avec la complicité des élus aujourd’hui macroniens pour la galette bien sûr !