LA SOCIÉTÉ HOOLIGAN

par Jordi GARRIGA

Samedi dernier, le 1er juin, la finale de la Ligue des champions d’Europe s’est disputée à Madrid, entre Liverpool et Tottenham. Étant deux équipes anglaises, il était facile de penser aux supporters, en particulier les plus radicaux, ceux que l’on nomme les “hooligans”. Ce mot est d’origine sombre, mais il serait équivalent à « racaille » ou « vandale ».

Bien que l’événement soit déjà organisé et sécurisé de telle sorte que rien de dangereux ne puisse arriver, il est toujours inévitable qu’il se passe quelque chose: ivrognerie, bagarres, vandalisme, inconvénients du voisinage, destruction, etc. D’autre part, s’il est vrai qu’aussi ce genre d’événements génère beaucoup d’argent en raison de la consommation généralisée de dizaines de milliers de personnes, de l’autre, le spectacle dans lequel il dégénère habituellement est souvent lamentable, même si … n’est-ce pas quelque chose que finalement nos sociétés vivent au quotidien?

Car la société des hooligans fait son chemin parmi nous depuis longtemps. En mode « basse intensité », on ne s’en rend pas compte: c’est comme l’exemple de la grenouille coincée dans un seau d’eau. Si l’eau commence à bouillir soudainement, la grenouille saute, mais si l’eau monte très lentement en température, vous pouvez faire bouillir le batracien sans qu’il s’en rende compte. C’est ce qui nous arrive.

Les hooligans arrivent par centaines, occupent les rues et imposent leurs couleurs et leurs cris aux dépens de la population locale; les migrants font de même, colorant leur culture, leur langue, leurs coutumes, nos rues peu à peu, mais inexorablement, ils transforment encore plus sur le long terme notre société.

Les hooligans affichent une consommation excessive d’alcool dans la rue; notre jeunesse, le même chose, plus les joints.

Les hooligans recherchent souvent une bagarre, choisissant des victimes faciles. Nous voyons comment certains groupes brûlent des indigents ou d’autres islamisants qui attaquent des homosexuels qui dérangent Allah.

Les hooligans harcèlent dans la rue, s’ils les croisent, les adeptes de l’équipe rivale, par des insultes, des cris, des poussées et, dans le pire des cas, des coups. La gauche, lorsqu’elle détecte quelqu’un qui « ne pense pas bien », fait de même et appelle cela « la lutte anti-fa ».

La révérence irrationnelle pour les couleurs de l’équipe, à la limite du fanatisme, est la marque de fabrique des hooligans. Dans notre société, cela se fait tous les quatre ans et cela s’appelle « voter ».

Parfois, malheureusement, il y a des hooligans qui adoptent un comportement non pas de vandalisme, mais directement obscène, exhibant des culs, des membres et touchant tout ce qui bouge. Si nous ajoutions un drapeau arc-en-ciel ou un mouchoir des “san-fermines”, ils seraient immédiatement subventionnés.

La grande majorité de ces voyous sont de la classe ouvrière, devant laquelle aucune perspective n’est ouverte plus que l’intégration dans un groupe où ils peuvent libérer toute leur colère et leur frustration accumulées, où ils peuvent vivre les triomphes de l’équipe pour couvrir les défauts de leur vie personnelle. Quelque chose comme lorsque nous regardons des séries télévisées la nuit, pour échapper au travail mécanique et impersonnel que nous devons faire pour payer les frais de base, et pour échapper à la vie quotidienne grise sur le dos d’un dragon.

Une société qui applaudit et encourage ceux qui démontrent qu’ils savent voler avec style, et même voter pour eux parce qu’ils se sentent représentés, une société où être bon et gentil vous transforme en cible de mépris, où l’éducation et le minimum d’honneur disparaissent, comment pouvez-vous la différencier d’une horde de hooligans? Ah, oui, c’est vrai: seule l’existence d’une seule équipe de football est autorisée comme pour le Politiquement Correct, qui gagne toujours face à son seul rival, représentant du Mal Absolu, l’ennemi et ce pour le divertissement de la majorité et les affaires de quelques-uns.