MAYOTTE EN LIQUIDATION DISCRÈTE ?

Michel LHOMME

L’Insee vient d’annoncer qu’en 2017 48% de la population de Mayotte était de nationalité étrangère dont 95% comorienne. Or une partie importante des étrangers en situation irrégulière refuse d’être recensée tout comme une partie non négligeable des étrangers en situation régulière. Aussi ce chiffre d’un habitant sur deux de nationalité étrangère est minoré. De plus, la très forte immigration clandestine constatée en 2018 et les 9 400 naissances de 2018 (74% de parents étrangers) sont venues gonfler les données de 2017. Aussi la réalité mahoraise est assurément plus proche d’une population composée de 40% de Français dont 30% de Mahorais et 60% d’étrangers pour moitié clandestins. Ainsi, le 101ème département français est-il le premier département français à inverser en quelque sorte démographiquement le profil de la souveraineté.

Macron a annoncé sa venue sur l’île pour le mois de juin mais ce qu’il n’a pas dit c’est qu’il passera auparavant par Moroni pour signer un « traité », un « accord ». Quel traité ? Quel accord ? La fin du visa Balladur, le Co-Etat rêvé par Paris pour se dépêtrer du boulet mahorais sur le dos de ses habitants qu’on souhaite en gros « déporter » en métropole.

La lutte en mer et sur terre contre l’immigration clandestine est un leurre. La Police de l’Air et des Frontières un îlot de corruption avéré. Le « passage » d’un comorien sans papier pour la Réunion coûterait quatre mille euros au tarif de la PAF. Aucun contrôle de la situation financière des agents n’est opérée a posteriori. Il devrait s’imposer. Le dispositif de lutte en mer pour bloquer les kwassas et démanteler les filières n’est jamais monté en puissance à travers la mobilisation de moyens militaires, comme c’est le cas en Guyane (opération Harpie) ou en Méditerranée contre les filières libyennes (opération européenne Sophia). On joue là-bas une autre carte en douce mais laquelle sachant que jamais, les infrastructures de base ne pourront suivre. L’Education nationale malgré les constructions de collège et de lycée en cours ne parviendra pas à résorber les flux. Seul l’Hôpital public semble avoir bénéficié ces temps derniers de recrutement de taille et d’importantes subventions. L’année dernière, l’Hôpital de Mamoudzou était de fait au bord de la rupture.

ExxonMobil a annoncé quant à elle la finalisation de son acquisition d’une participation indirecte de 25% dans la zone extra côtière des Comores. La société américaine a du coup manifester ouvertement à la France son souhait d’utiliser les installations mahoraises, notamment le port de Longoni pour entreposer du matériel. Les infrastructures sanitaires de Mayotte seraient aussi susceptibles de les intéresser, les accidents étant en effet fréquents sur les plateformes pétrolières. Enfin, l’île au lagon pourrait servir de « dortoir » pour une partie du personnel américain. Un comble : le pétrole comorien ne profiterait même pas à Total !