L’ELECTION DÉCISIVE

par Franck BULEUX

Après les élections municipales, il faut avoir conscience des fractures françaises, nombreuses et larges : territoriales, sociales, démographiques et ethniques. Nous aurons l’occasion d’y revenir, dans cet ordre ou dans un autre. Le « Printemps marseillais » (https://metainfos.fr/2020/07/04/lespoir-marseillais/), arrivé au pouvoir par la faute de la division des droites, augure effectivement d’un « automne français » à venir.

Pour mieux marquer et limiter électoralement le RN, le président Macron est même obligé de nommer un Premier ministre issu du département où s’est produite la seule victoire emblématique d’un fidèle de Marine Le Pen, Louis Aliot à la mairie de Perpignan.

Il est amusant, Castex. Dès sa nomination, il se vante qu’un « simple » conseiller territorial est un « homme politique » et peut devenir Premier ministre. Oui, enfin, il aurait bien voulu devenir député en 2012, à Perpignan justement mais il avait été battu par le PS. Au second tour, Louis Aliot dans le cadre d’une « entente départementale à droite » dans les quatre circonscriptions des Pyrénées-Orientales avait appelé à voter pour lui (et le FN s’était retiré dans la circonscription voisine pour favoriser un UMP). Bref, Jean Castex n’a pas choisi de n’être qu’un « simple élu local », ce sont les urnes qui l’ont décidées pour lui.

Si le RN avait gagné Lorient, j’en conclus que le Premier ministre eut été Jean-Yves Le Drian.

En ce sens, Macron suit les traces de Mitterrand. Souvenez-vous, en 1988, Marseille avait les « yeux de Chimène » pour Le Pen… Que fit Mitterrand, il envoya le sémillant Bernard Tapie. Il fallut même faire annuler l’élection législative dans laquelle avait été élu Guy Tessier (le battu d’hier à Marseille) en 1988 pour qu’il soit, enfin, élu en 1989 lors d’une partielle contre ce même ancien cadre du Parti des forces nouvelles (PFN).

Dis-moi où le FN/RN fait des bons scores et je te dirai qui sera promu.

Rien de nouveau sous le soleil.

Plus sérieusement, la rentrée va nous apprendre beaucoup de la force de conviction de nos amis américains. L’élection américaine est, en effet, d’un intérêt capital. En plus, pour une fois, les médias français ne pourront pas critiquer le mode de scrutin, c’est le même qu’à Marseille (sauf pour le calcul des élus puisque le gagnant remporte l’ensemble des représentants du territoire concerné) et comme l’élection de l’ancienne (sic) gauchiste Rubirola ravit tout le monde…

Sur le fond, il est indispensable, pour l’ensemble des peuples occidentaux, que le président sortant, Donald Trump, fasse l’objet d’une réélection. Faisons fi de tout anti-américanisme ou de rejet de sa personnalité, sa défaite entraînerait, ipso facto, la victoire des forces minoritaires de subversion culturelle et métapolitique. La défaite de Trump ne serait pas la victoire de Biden mais celle des émeutiers, des déboulonneurs, des extrémistes qui luttent contre les Blancs. Voilà l’urgence, faire réélire Trump ou battre les Démocrates, si vous préférez.

Vu de Sirius (le Vieux Continent), on n’y peut rien, pensez-vous. Peut-être mais il faut créer, par nos médias (de Métainfos à Valeurs actuelles, en passant par Polémia et l’Incorrect…) les possibilités d’une victoire culturelle. Et cette victoire culturelle passe nécessairement par celle, dans les urnes, de Donald Trump.

Certains s’irriteront peut-être, un ancien « show man » pour sauver la droite populiste et conservatrice. Et alors, j’ai commencé ce billet en rappelant la victoire de Tapie, en 1989, à Marseille. Tapie n’était que l’expression politique de la victoire des progressistes et cette opération a fonctionné.

La victoire de Trump représentera le rejet de tous ces défilés bigarrés depuis fin mai, le refus de perdre nos identités historico-culturelles. La « représentation », ce n’est pas forcément la réalité mais c’est l’émanation d’un phénomène, c’est le ressenti de l’autre. Dans notre société du spectacle, c’est ce qui compte. La représentation est devenue l’essence.

Alors, à l’inverse, la victoire du candidat qui n’existe pas, Biden, celui qui organise un référendum anti-Trump, serait la victoire de tous les Adama Traoré du monde, les fameuses et outrancières victimes des « violences policières » (rappelons que ce concept n’existe pas puisqu’une violence policière résulte de la violence de l’autre, entraînant son exonération de responsabilité, sauf abus de pouvoir, à prouver bien entendu).

Ainsi, la rentrée va être palpitante et politiquement, ce ne sera pas de savoir si Édouard Philippe mènera la liste régionale normande de la majorité en Normandie en mars 2021, mais de comprendre la portée des élections américaines.

A l’Ouest, rien de nouveau ? Oublions le titre du roman de Remarque de 1929. En 2020, le vote des 50 États fédérés sera déterminant. Ce n’est pas un référendum pour ou contre Trump comme voudrait nous le faire croire le parti d’Obama et de Clinton, non, c’est un référendum sur nos propres valeurs.