LES ÉTATS-UNIS PERDRAIENT UNE GUERRE NAVALE CONTRE LA CHINE

Par Laurent LAGNEAU

Nous avions déjà noté la performance des militaires russes en Arctique (https://metainfos.fr/2020/05/19/en-tout-cas-chine-et-russie-sont-prets/) qui a laissé pantois les états-majors occidentaux tandis que notre armée française se bat avec la contamination au covid-19 du Charles de Gaulle en cédant publiquement à la victimisation de ses marins qui sans esprit nationaliste – on est incapable, parce qu’on s’y refuse, de l’insuffler à l’école ! – oublient trop souvent qu’ils ne sont pas des civils mais des militaires c’est-à-dire en théorie toujours prêts à mourir. Nous écrivions « au fait, elle sera où l’armée française sans matériel et munitions quand cela chauffera vraiment ? » se comportera-t-elle comme notre Marine nationale vient de le faire (représentante indirecte de l’UE… tout de même !) qui a déguerpi récemment vite fait, la queue entre les jambes, des eaux territoriales internationales du Pacifique au seul motif que cette présence gênait les autorités chinoises ? Nous reviendrons sous peu sur l’état de nos forces sur le théâtre européen en cas d’attaque ou de riposte russe mais en attendant interrogeons-nous. ML.

Que se passerait-il si, par une « erreur de calcul », la Chine et les États-Unis en arrivaient à s’affronter militairement dans la région Indo-Pacifique en 2030? Pour répondre à cette question, le Pentagone s’est livré à des « jeux de guerre » [War Games], c’est à dire à des exercices visant à examiner des scénarios possibles [voire improbables] sous toutes les coutures. Et, selon le quotidien The Times, le résultat est sans appel : les forces américaines seraient « écrasées ».

« Toutes les simulations menées sur la menace que représente la Chine d’ici 2030 se sont toutes soldées par la défaite des États-Unis », a confirmé Bonnie Glaser, directrice du projet China Power au Center for Strategic and International Studies de Washington, dans les colonnes du quotidien britannique. Et d’ajouter que le cas le plus problèmatique est celui de Taïwan, car il pourrait dégénérer en guerre, sachant que le président chinois, Xi Jinping, ne fait pas mystère de ses intentions au sujet de l’île, considérée à Pékin comme une « province rebelle ».

Dans un récent entretien, le général Qiao Liang, co-auteur de l’essai « La Guerre hors limites » a évoqué ce point. « Nous devons aussi nous demander si la question de ‘l’indépendance de Taïwan’ ne risque pas de nous entraîner trop loin si nous envisageons la guerre pour résoudre cette question. Face au soutien des États-Unis et des pays occidentaux, pouvons-nous seulement faire quelque chose? Pas nécessairement. Pour freiner ‘l’indépendance de Taïwan’, en plus des options de guerre, davantage d’options doivent être prises en considération. Nous pouvons penser à des moyens d’agir dans l’immense zone grise entre la guerre et la paix, et nous pouvons même envisager des moyens plus particuliers, comme lancer des opérations militaires qui ne déclencheront pas de guerre, mais qui peuvent consister en un usage modéré de la force modérée pour dissuader ‘l’indépendance de Taïwan’ », a-t-il expliqué.

En tout cas, ce qui est certain, c’est que la Chine n’a pas hésité à montrer ses muscles durant la crise liée à l’épidémie de Covid-19… alors que la marine américaine s’est retrouvée en difficulté avec la contamination du porte-avions USS Theodore Roosevelt. En outre, les tensions, que ce soit en mer de Chine méridionale ou dans le détroit de Taïwan, n’ont pas baissé d’un iota… Ce qui a accru, justement, le risque d’erreur de calcul.

Quoi qu’il en soit, d’après les sources du « Times », les « jeux de guerre » du Pentagone ont révélé, sans surprise d’ailleurs, que l’accumulation par la Chine de missiles balistiques à moyenne portée mettait en péril les bases américaines de Guam ou d’Okinawa, voire les groupes aéronavals de l’US Navy.

L’apparition d’armes hypersoniques, les capacités de déni et d’interdiction d’accès et le saut qualitatif des navires militaires chinois font que les forces américaines n’ont nullement la garantie d’avoir un avantage opérationnel décisif. C’est ce qu’avait d’ailleurs déjà souligné l’amiral Harry Harris, quand il était à la tête du commandement militaire américain pour la région Indo-Pacifique [USINDOPACOM], en 2017.

« Les années 2020 seront décisives car la Chine commencera à avoir la capacité de défier les États-Unis en mer et dans les airs, également dans l’espace et le cyberespace. Cela pourrait pousser Pékin à agir en mer de Chine méridionale et contre Taïwan si les Américains ne sont pas prêts à relever le gant », a commenté le Dr Malcolm Davis, de l’Australian Strategic Policy Institute [ASPI], dans la presse australienne.

Cela étant, la simulation faite par le Pentagone ne fait que confirmer une étude publié l’an passée par le Centre d’études sur les États-Unis de l’Université de Sydney. Ainsi, cette dernière avait remis en cause la supériorité militaire américaine dans la région Indo-Pacifique et affirmé que la capacité des États-Unis à maintenir un rapport de forces favorable était « de plus en plus incertaine. »

« De nombreuses bases américaines et alliées dans la région Indo-Pacifique sont exposées à une possible attaque de missiles par la Chine et manquent d’infrastructures renforcées. Les munitions et les approvisionnements déployés à l’avenir ne sont pas adaptés aux besoins de la guerre et, ce qui est inquiétant, la capacité logistique des États-Unis a fortement diminué », avait relevé cette étude.

Source : http://www.opex360.com/