MAYOTTE, LA COMÉDIE DU CONFINEMENT MALGRÉ LUI !

Par Michel LHOMME

A Mayotte, même si on cache les cercueils et trafique les avis de décès (https://metainfos.fr/2020/05/11/scandale-detat-a-mayotte-lars-de-dominique-voynet-falsifie-les-certificats-de-deces-lies-au-covid-19/), information d’importance curieusement non reprise en métropole par les journalistes compétents, le nombre de morts ne cesse d’augmenter. 16 décès au total. Deux personnes ont perdu la vie en 24 heures à leurs domiciles tandis que jeudi, 67 nouveaux cas étaient déclarés pour la journée. 1210 cas depuis le début de l’épidémie. C’est le plus lourd bilan de tout l’Outre-mer : une honte mais comme on le voit sur la photo ci-dessous, on autorise dans le département les rassemblements lors des enterrements musulmans sans n’y voir d’ailleurs aucun inconvénient. Deux poids, deux mesures en lèche-baboucherie de l’énarchie :

En tout cas, pendant ce temps et dans ce contexte préoccupant mais plus que compréhensible vu que jamais les autorités n’ont été en mesure de faire respecter le confinement, les autorités préfectorales « réfléchissent » – et elles y mettent du temps ! – à un plan de déconfinement qui ne semble pas du tout correspondre à l’avis du conseil scientifique à Paris mais aussi à Mamoudzou, les tensions entre l’ARS dirigée par Dominique Voynet et le préfet ubuesque Jean-François Colombet étant de plus en plus palpable. Sans cesse reportée, le report du déconfinement comme de la rentrée scolaire devrait être annoncée dans la soirée soit dans quelques heures. Le préfet aurait proposé au gouvernement un report de la rentrée scolaire au 25 mai et le 18 mai un élargissement des ouvertures de commerces avec port de masques obligatoire et respect des protocoles métier sachant que les masques ont été très partiellement distribués à la population et qu’il s’avère impossible de désinfecter des écoles surpeuplées et sans aucun confort sanitaire.

TARTARIN à l’hôpital se croit en guerre !

Nous nous sommes fait l’écho plusieurs fois sur le site ces dernières semaines, ces derniers mois (voir notre onglet « outre-mer ») de la délinquance sur l’île, des affrontements de bandes, des pillages et des vols mais pour la ministre Annie Girardin c’est bien sûr du complotisme et des fake news !

Mardi, lors des traditionnelles questions au gouvernement, la ministre des Outre-mer concernant l’insécurité à Mayotte, s’est fendue d’une réponse faisant état d’une situation sous contrôle, au sein d’un territoire où la délinquance serait en baisse de 45% ! Face au tollé général qu’a suscité sa réponse sur l’île, la ministre a dû faire le lendemain un rapide rétro pédalage qui est vivement intéressant aussi pour la métropole. Le site Publicsenat.fr rapporte ainsi sa réponse: «  Si j’ai choqué les Mahorais, c’est que nous ne nous sommes pas compris. Oui, globalement la violence a baissé. Ces chiffres viennent de la baisse de plaintes déposées. Alors, on peut s’interroger. Est-ce que les gens vont moins porter plainte parce qu’ils estiment que ça ne change pas grand-chose ? Où est-ce que la période de confinement a fait qu’il y a eu moins de plaintes ? ».

Effectivement, en matière de statistique, on peut répondre sans beaucoup se tromper, que certains et même beaucoup de nos concitoyens ne déposent plus plainte – ils en sont d’ailleurs dissuadés d’office lorsqu’ils arrivent au commissariat ou à la gendarmerie ! – et que ces plaintes ont aussi forcément du fondre avec la période de confinement. D’ailleurs avez-vous remarqué : pas de petite case à cocher sur l’attestation de déplacement pour le dépôt de plainte…!!!

Comme pour l’opposition politique, les partis, les gilets jaunes, la pandémie permet de dissimuler bien des chiffres comme elle permet à certaines usines d’opérer des plans de restructuration qui étaient de toute façon déjà prévus souvent à plus petite échelle.

Reste que dans le cent unième département français, l’impunité générale continue sur le terrain tels ces actes de délinquance que l’on dit pourtant gratuits ou désintéressés à l’instar des panneaux photovoltaïques de l’éclairage public arrachés (comme à Koungou ou à Pamandzi) et que l’on retrouve ensuite en train d’alimenter en énergie les cases en tôles des bidonvilles. Qui osera verbaliser et reprendre le matériel volé ?

En attendant, après une saison des pluies normale, et trois ans après une crise d’approvisionnement en eau qui avait fait l’objet de maintes promesses politiques, la situation de pénurie reste la même et le sud de l’île se voit frappé en plein ramadan et depuis quelques jours de fermeture régulière des robinets. Mais où sont donc passés les crédits octroyés et les travaux ? Dans la poche de Vinci ?