DROIT DE RÉPONSE : NON LE SOLEIL N’EST PAS RESPONSABLE DE NOS MALHEURS CLIMATIQUES

Par J. C. MATHELIN

Nous voudrions revenir ici sur l’article de Metainfos (https://metainfos.fr/2019/11/30/linfo-faux-special-changement-climatique-et-si-lon-demandait-au-soleil/) signé Michel Lhomme et incriminant quelque peu le soleil dans les changements climatiques constatables aujourd’hui.

Il est exact de dire que la météo terrestre est largement conditionnée par des phénomènes naturels:

— Le refroidissement du noyau terrestre en fusion, qui joue au niveau des milliards d’années: actuellement la température de la croûte terrestre en surface est de 15°C en moyenne.

— Notre Étoile gagne lentement en puissance, ce qui se traduit par une augmentation de la température terrestre de 1° par centaine de millions d’années.

— Le cycle des glaciations durant l’ère quaternaire (débutée il y a 2,6 millions d’années), théorisé par Milankovitch. La dernière glaciation s’est terminée il y a 10 000 ans. Les glaciations ne sont pas un phénomène limité au Quaternaire: on en a connu aussi aux Précambrien et Paléozoïque (mais pas au Mésozoïque).

— Les variations d’activité solaire comme le minimum de Maunder, sous Louis XIV, où le Soleil était anormalement calme (sans taches) pendant des décennies, ce qui a coïncidé avec un refroidissement général en Europe. Précisons que nous ne sommes pas actuellement dans un minimum prolongé d’activité solaire (le dernier maximum a eu lieu en 2014).

— Les variations d’activité normale du Soleil selon le cycle de 11 ans. On n’a guère pu mettre ce cycle en liaison avec des variations thermiques sur Terre, ce qui se comprend bien car l’augmentation du flux solaire est surtout sensible dans l’ultraviolet en période de maximum. En revanche il y a un rapport avec la pluviométrie: ainsi en Europe les maxima solaires coïncident avec un pic principal de pluviosité, et les minima (ce qui est le cas en 2019) avec un pic secondaire. Donc pas étonnant quand on voit les récentes inondations dans le midi…

Par ailleurs les enregistrements des sédiments océaniques et des carottages de glaciers indiquent un lien étroit, dans l’histoire de la Terre, entre la teneur en dioxyde de carbone (CO2) et la température. Logique: une forte teneur en CO2 atmosphérique produisant un effet de serre, donc un réchauffement.

Revenons maintenant à la théorie complotiste niant le réchauffement climatique, lequel ne serait qu’une invention destinée à promouvoir les obscures visées mondialistes de certains. On veut bien croire que nos politiciens, le GIEC, les écolos et autres en font trop pour servir leur cause…

Néanmoins le réchauffement actuel de la Terre n’est pas une vue de l’esprit: il est bien mesuré par les satellites qui auscultent notre planète en infrarouge, et coïncide bien avec une augmentation du CO2 dans l’atmosphère terrestre. Ainsi que par les statistiques météo. On a ainsi un recul spectaculaire des glaciers depuis les années 1970 (ceux de mon âge qui connaissent les Alpes savent de quoi je parle). Il est de mauvaise foi de nier le réchauffement global au titre des 5% de glaciers mondiaux qui ne sont pas en recul!

En conclusion, le réchauffement climatique global est un phénomène bien plus rapide que la plupart des phénomènes naturels énumérés précédemment et ne saurait être contesté, pas plus que sa cause (le CO2).

Maintenant il me semble que ces rejets massifs de dioxyde de carbone, même s’ils sont le fait de l’industrialisation, sont surtout à mettre en liaison avec une augmentation démentielle de la population terrestre (bientôt 8 milliards d’humains!), qui se traduit aussi par un épuisement accéléré des ressources terrestres et une augmentation  sans précédent des déchets polluant tous les milieux terrestres (y compris pôles, montagnes et océans). Mais il est politiquement incorrect de soulever ce problème, sans qui pourtant, tous les efforts de réduction du CO2 paraissent vains.

En complément : https://www.polemia.com/jean-yves-le-gallou-si-le-rechauffement-climatique-est-du-a-lhomme-alors-il-faut-lutter-contre-le-libre-echange-et-limmigration/