LES FÉMINICIDES ET BOSSUET

par Franck BULEUX

« Dieu se rit des hommes qui se plaignent des conséquences alors qu’ils en chérissent les causes ». Bossuet

La citation reprise ci-dessus et attribuée à Bossuet prend tout son sens alors que des dizaines de milliers de personnes ont défilé, ce samedi, à juste titre, contre ce que l’on nomme, depuis peu, les féminicides. Le féminicide est un terme désignant le meurtre d’une ou de plusieurs femmes ou filles en raison de leur condition féminine, c’est-à-dire en raison de leur identité de genre. Il est déjà reconnu pénalement dans certains États.

Ainsi, plusieurs pays d’Amérique latine comme la Bolivie, l’Argentine, le Chili, le Costa Rica, la Colombie, le Salvador, le Guatemala, le Mexique, Honduras et le Pérou intègrent cette notion devenue juridique dans leurs codes pénaux respectifs sanctionnant les infractions contre les personnes. En Europe même, les crimes de féminicides sont reconnus en Espagne depuis 2004 et en Italie depuis 2013 (en italien, femminicidio).

En France, il devient habituel d’effectuer un comptage précis et solennel (car médiatique) lorsqu’une femme décède des coups de son compagnon ou de son ex-compagnon. On peut noter déjà ici une légère adaptation des règles latines ; la France ne compte pas les crimes dits d’honneur. Cette limite entre dans les règles du code islamique, puisque  » ne peuvent être condamnés un père ou une mère (ou leurs pères ou leurs mères) meurtriers de leur progéniture, ou de la progéniture de leur progéniture (Umdat al-Salik o1.1-2) », c’est-à-dire qu’un parent peut tuer un enfant s’il ne répond pas à certains critères normatifs, ce qui sous-entend qu’un père peut justifier un féminicide sur sa fille, par exemple. Les crimes dits d’honneur sont fréquents en pays musulman contre des filles qui choisissent un compagnon qui ne convient pas au père, contre des filles violées, contre des filles enceintes avant tout mariage… Il suffit aussi, parfois, de lire nos faits divers hexagonaux, pour nous rendre compte que ce type de crime existe en France et ce type de crime, car c’est un crime, n’est pas considéré comme un féminicide dans les manifestations françaises. Pourquoi ? Pour ne pas froisser une certaine communauté, pour laquelle le droit des jeunes femmes n’existe pas, puisque leurs représentants légaux sont leurs pères, à défaut leurs frères, leurs oncles ou leurs maris.

Il s’agit pourtant bien de crimes liés au genre, c’est-à-dire liés à la féminité d’une personne. Enfin, nous l’avons compris, ces crimes d’honneur, ou plutôt d’horreur, ne peuvent pas, à Paris, être considérés comme des féminicides.

Donc, le débat ne peut pas porter sur ce type de féminicides. Dont acte. Il ne peut porter que sur des violences corporelles ou morales dont les auteurs sont les compagnons ou des ex-compagnons. Effectivement, c’est aussi un grave problème contemporain. Il est donc porté par Muriel Robin, qui n’a jamais eu et n’aura jamais ni compagnon, ni ex-compagnon, ce qui renforce sa crédibilité, comme chacun sait mais les stars ont pour elles le choix de leurs combats, nul ne vient leur demander des comptes. Imaginez un habitant d’une commune rurale se plaignant de l’immigration ou/et de l’insécurité, le journaliste ne manquera pas de lui rétorquer : « Mais combien avez-vous d’immigrés dans votre commune ? » pour déstabiliser l’impétrant et clore le débat. Vous savez, la méthode Yann Barthès, dénoncée dans l’excellent hebdomadaire de droite, Valeurs actuelles, cette semaine. N’est pas Muriel Robin qui veut : les « Je sais tout » n’ont pas besoin de l’expérience requise et exigée de la population.

Bref, il en va ainsi, ce sont les progressistes qui imposent les débats, les interdits… Ils nous imposent même nos phobies : je peux avoir peur des araignées mais pas de l’Islam, c’est ainsi ! Je dois avoir peur du dérèglement climatique mais pas de la déferlante période sombre qui attend les femmes.

Oui, revenons-en à notre débat initial, les féminicides. Le développement (oui, le développement, sinon pourquoi en parler ?) de ce type de crimes est clairement la logique de l’expression sur notre territoire, de cultures peu favorables à l’émancipation des femmes. Alors, on peut dire ce que l’on veut, mais les traditions venant du sud de l’hémisphère sont moins favorables à l’expression féminine (ou féministe) que les tendances culturelles nées dans l’hémisphère nord. C’est ainsi. Et lorsque l’on prolonge notre constatation vers l’Orient, il est de notoriété publique que la place des femmes au sein de la société est de plus en plus réduite à la portion congrue. Là-bas, mais aussi ici (car ici est comme là-bas), la femme n’est pas l’avenir de l’homme…, le poète, même communiste, n’ayant pas passé la frontière. C’est un fait, une réalité, il est inutile de reprendre les multiples exemples liés non seulement à des individus mais à des textes « sacrés » ou considérés comme tels.

Ce refus de reconnaître la femme comme une personne égale à l’homme se retrouve, fort naturellement, dans nos pays occidentaux, du fait de l’importance de l’immigration depuis des décennies, cette importance en nombre interdisant pratiquement toute assimilation, cette dernière ne pouvant se réaliser qu’à proportion humaine homéopathique et non massive.

Il apparaît d’ailleurs naturel que des populations fortement imprégnées de culture patriarcale conservent et confortent leurs traditions puisque leur groupe, par sa dimension démographique, permet de concevoir une structure de vie communautaire : logements quasiment dédiés, commerces communautarisés, écoles avec instruction individualisée…. Il n’est pas ici question de critiquer un état de fait mais d’établir les conséquences d’un constat.

Nos élites ont toujours, de droite comme de gauche, favorisé ce regroupement communautaire, permettant à nos allogènes de reconstituer ici, l’ailleurs. Cette reconstitution n’est pas sans comprendre cette dépersonnalisation de la femme, comme négation de l’identité féminine.

Alors, chérir les causes comme le faisaient les manifestants islamo-gauchistes pour en critiquer les conséquences me paraît être une attitude schizophrénique.

Bien sûr, me direz-vous, les statistiques ethniques étant (hélas) interdites dans notre pays, il sera difficile de prouver qui sont les malfaisants auteurs des féminicides, de tous les féminicides, y compris contre les jeunes femmes qui veulent s’émanciper de leurs pères et frères (les fameux « grands frères » des quartiers, tant vantés dans les médias progressistes pour leurs actions de coordination dans les banlieues, y compris dans les choix de vote, à Corbeil ou ailleurs…).

Alors, messieurs et mesdames les censeurs, n’hésitez pas à « signaler » les auteurs de féminicides et on fera les comptes.

Et surtout, n’oublions pas de relire cette phrase de Bossuet. Elle explique bien souvent, trop souvent, le monde qui nous entoure. Elle l’explique mais ne le justifie pas.