ELECTIONS GÉNÉRALES EN ESPAGNE: RIEN DE NOUVEAU SOUS LE SOLEIL

par Jordi GARRIGA, notre correspondant à Madrid

Lors des élections générales qui se sont déroulées ce dimanche 28 avril en Espagne, les socialistes ont obtenu une victoire incontestable, à la majorité simple, qui leur garantit de s’accorder très tranquillement et sans grandes surprises pour gouverner confortablement.

Le résultat a été le suivant:

PSOE (socialistes) 123 députés (avant 85).

PP (conservateurs) 66 députés (avant 137).

Ciudadanos (libéraux) 57 députés (avant 32 ans).

Unidas Podemos (radical de gauche) 42 députés (avant 71).

Vox (radical de droite) 24 députés (avant 0).

ERC (séparatistes catalans de gauche) 15 députés.

JxCAT (séparatistes catalans de droite) 7 députés.

PNV (nationalistes basques de droite) 6 députés.

Bildu (nationalistes basques de gauche) 4 députés.

Autres, 6 députés.

Le Parlement espagnol compte 350 sièges. La majorité absolue des membres commence à 175 députés. Pedro Sánchez, candidat socialiste à la présidence, pourrait s’entendre avec Unidas Podemos et avec les nationalistes basques pour gouverner. S’entendre avec les nationalistes catalans pour le moment n’est en aucun cas considéré comme une option.

Dans le pire des cas, on pourrait même envisager la possibilité de s’accorder avec le centre libéral des Ciudadanos, si leurs partenaires de gauche et le nationalisme souhaitent trop les conditionner. Ceci en dernier recours, car les bases socialistes ne voudraient pas cela.

Du côté de la droite, l’échec a été total. Malgré qu’elle ait plus de voix que les socialistes et la gauche radicale, la division du vote de droite a été essentielle pour obtenir beaucoup moins de députés. La situation du PP, le parti classique de la droite, qui a perdu plus de 50% de ses députés, est particulièrement douloureuse. Cela s’explique principalement par le transfert des voix à Vox et, dans une moindre mesure, aux Ciudadanos. Mais dans l’ensemble, les électeurs de droite ont à peine connu une forte augmentation malgré la campagne incendiaire déclenchée par la droite, appelant surtout à voter pour mettre fin au séparatisme et au communisme, avec un niveau de discours à la fois insultant, populiste et démagogique.

Si on compare les résultats, on verra:

Élections générales 2016: PP + Ciudadanos + Vox = 11 129 988 voix.

Élections générales 2019: PP + Ciudadanos + Vox = 11 169 796 voix.

C’est clair que cette division dans les votes a puni la droite en Espagne. Vox n’a pas encore touché les électeurs « de protestation » ni à gauche, mais a recueilli, en tant que scission non officielle du PP, le vote de ces électeurs qui estiment que le PP trahit ce qu’ils considèrent comme leurs valeurs traditionnelles.

L’avenir qui émerge de ces élections est encore incertain, car le 26 mai auront lieu en Espagne les élections européennes et municipales, sur lesquelles finira pour se dérouler plus clairement le tableau de la scène politique espagnole actuelle.