L’EGLISE EN GILET BLANC

Michel LHOMME

L’évêque de La Réunion ne comprend pas le “repli identitaire” des Réunionnais et l’échec du “vivre ensemble” dans l’affaire des migrants sri-lankais. À la radio Freedom (1ère radio de La Réunion), beaucoup d’auditeurs s’élèvent contre l’arrivée et l’accueil des migrants dans l’île, sujet de conversation également des Réunionnais de la rue mais Mgr Aubry une voix qui compte pourtant à la Réunion nous la joue compassion avec le grand cœur de la pitié évangélique papale en bandoulière. Incorrigibles cathos qui n’hésitent pas non plus à faire de la politique et plus encore dans cette période de contestation et de chaos national.

Le Vatican a soutenu avec une force inhabituelle le Pacte mondial des migrations, oubliant l’insécurité que vivent les peuples européens et leur droit de rester eux-mêmes. On s’attend d’ailleurs à une grand bénédiction urbi et orbi humaniste, solidaire et collaboratrice du grand remplacement. Depuis le début du pontificat, les prises de position répétées du pape François en faveur des migrants sont légion suscitant rarement en fait des critiques chez les fidèles. Les cathos n’admettent même plus les racines chrétiennes de l’Europe. Ils ont d’ailleurs raison : elles sont païennes. Il s’agit pour l’Église d’une stricte mise en œuvre de la charité évangélique, d’un rappel vigoureux de la parabole du bon Samaritain et des appels de Jésus à accueillir l’étranger après l’avoir tout de même massacré en Amérique du Sud au nom de l’évangélisation.

Hier, lors de la messe du 20 décembre, Mgr Gilbert Aubry n’a pas prononcé les mots « gilet jaune »« crise sociale »« justice fiscale », ou « discrédit des pouvoirs » mais il a distillé implicitement ses messages, ses diagnostics, ses remèdes mettant sournoisement dans le même sac les violences et les comportements des gilets jaunes avec les réactions des Réunion ais face à l’arrivée de 62 migrants sri-lankais. Cela donnerait selon lui une idée des replis communautaires qu’est en train de vivre le département français d’Outre-mer mais aussi la France et l’Europe.

Mgr Aubry sans doute formé à la théologie marxiste de la libération au petit séminaire a dénoncé ouvertement la misère économique, l’injustice sociale mais aussi et surtout la vacuité politique en appelant le peuple réunionnais à prendre son destin « en main » et à ne pas rester crispé sur le poids du passé, en l’occurrence les dégâts laissés par l’esclavage. Quelles contradictions de progressiste !

Vêtu de blanc et pas de jaune, l’évêque a alors déploré le manque d’encadrement de la colère exprimée durant cette crise. Son propos pourrait être généralisé à la France entière. Il a critiqué en particulier l’absence de hiérarchie des revendications, le manque de tactique dans la négociation, le recours à des solutions trop simplistes ou irréalisables. Et pointé la conséquence : une crise longue et qui sera finalement très coûteuse pour l’économie du pays. Mais Mgr Aubry a aussi parlé de « démission dans la réflexion politique », s’adressant à la classe politicienne toute entière qui en a alors pris pour son grade quand il leur a déclaré « à vous détenteurs de l’autorité, il vous appartient de vous mettre au service du bien commun et de la justice ».

Bref, la Réunion a un évêque original : un sans frontièriste, un socialiste démagogue mais aussi un brin populiste et anti politicien qui ne se reconnaîtrait plus dans ses représentants ! Nous cela fait belle lurette que nous ne nous reconnaissons plus dans l’Église de la trahison, dans Babylone la putain.

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