MACRON EN OPÉRATION PIÈCES JAUNES : DERNIERS MENSONGES AVANT DISSOLUTION ?

Michel LHOMME

Emmanuel Macron a annoncé que les salariés au niveau du SMIC seront payés 100 euros de plus par mois à partir de 2019 mais en réalité, il ment. Le smic n’a pas été revalorisé. Il s’agit simplement du versement exceptionnel de la prime d’activité qui se retrouve  avancée de deux ans. Il ne s’agit donc pas d’un coup de pouce au SMIC au sens classique, puisque ce dernier n’augmentera qu’en fonction de la hausse légale, proche de 2 %, (1,8 exactement soit 20 euros par mois !). C’est le calendrier de la prime d’activité qui est ici avancé. Le président a en effet déclaré que «le salaire d’un travailleur au smic augmentera de 100 euros par mois dès 2019 sans  qu’il en coûte un euro de plus pour l’employeur ».L’augmentation ne devrait donc  pas toucher le smic directement – puisque si c’était le cas, ce serait à l’employeur de verser un salaire plus important– mais la prime d’activité, versée par l’État.  Emmanuel Macron s’était déjà déjà engagé à augmenter de 30 euros en avril 2019 et de 20 euros en 2020 cette prime d’activité. Il s’agit donc d’une accélération, d’une amplification de cet engagement,plus que d’une création de cette augmentation des revenus pour les travailleurs au smic. De plus, tous les travailleurs qui ne touchent pas cette prime d’activité ne seront donc pas concernés par cette annonce.

Dans le même temps, la fausse opposition, la majorité républicaine du Sénat a voté en pleine nuit l’allègement de l’exit tax,sur demande du gouvernement. Ainsi, les plus fortunés, partis à l’étranger, devront n’attendre qu’entre deux et cinq ans, avant de vendre leurs actions sans être taxés. Cette taxe est censée lutter contre la fuite des capitaux. Jusqu’à aujourd’hui , les plus fortunés qui partent à l’étranger doivent attendre 15 ans avant de vendre leurs actions, sinon ils payent cet exit tax de 30% sur les plus-values qu’ils réalisent à l’étranger. Le gouvernement a proposé un allègement de l’exit tax. Cet allègement a été voté par le Sénat. Avec cette mesure, les exilés fiscaux devront attendre entre 2 et 5 ans, et plus 15, pour ne pas être taxés sur les plus-values réalisées. Cette mesure en plein mouvement des Gilets jaunes a indigné les sénateurs de gauche qui ont dénoncé un nouveau cadeau aux plus aisés. Ils n’ont pas tout à fait tort. C’est la secrétaire d’Etat au ministère de l’Economie Agnès Panier  Runacher qui a défendu l’allègement de l’exit tax, un allègement  censé redonner selon elle « de l’attractivité fiscale à la France ». Pour la majorité sénatoriale républicaine, cette taxe n’aurait pas empêché les plus riches de partir à l’étranger et demande un suivi trop coûteux à l’administration fiscale. En réalité, en raison des réductions d’effectifs dans les centres de perception, les services des impôts n’arrivent même plus en effet à gérer les fraudes nombreuses ou l’évasion fiscale en particulier et surtout dans les départements d’Outre-mer où les fonctionnaires expatriés payent souvent pour les autres en raison de l’absence de contrôles réellement effectifs et systématiques, paix sociale oblige et complicité avec les élus. 

Une autre mesure fut aussi prise sous l’impulsion d’Emmanuel Macron à quelques heures de l’intervention télévisée du Président de la République en vue de calmer la colère populaire par un essaim de petites pièces jaunes. Le 9 décembre s’est produit le vote en catimini au Sénat de la suppression de plusieurs impôts prélevés sur les gros médias audiovisuels. Trois taxes payées par les stations de radio et les chaînes de télévision ont donc été supprimées :

Chaque spot publicitaire diffusé à la télé dans la tranche facturée entre 1.520 euros et 9.150 euros était frappé d’une taxe de 20,60 euros. Taxe supprimée.

Les radios qui réalisaient 10 M€ de chiffre d’affaires publicitaires par trimestre (Europe 1, NRJ, RTL) payaient une taxe de 54.435 euros. Taxe supprimée.

Les chaînés de télévision qui réalisaient 100 millions de recettes publicitaires tous les trois mois(c’est le cas de TF1 et de M6) payaient une taxe de  894.500 euros. Taxe supprimée.

Ces taxes sur les grands médias audiovisuels rapportaient 50 millions d’euros à l’État.

Comment la Macronie justifie-t-elle ce cadeau fait à des grands médias audiovisuels appartenant à quelques milliardaires si ce n’est pour s’assurer aussi de sa propagande journalière et du lavage de cerveau pourtant désormais inopérant ? Metainfos réclame d’ailleurs la suppression de toutes les niches fiscales y compris celle des journalopes.

Enfin, on aura noté la faiblesse du discours gouvernemental non seulement sur les concessions économiques accordées se soumettant entièrement aux ordres dictés par Bruxelles mais aussi sur la gestion des violences. Face à une jacquerie révolutionnaire, il aurait été sans doute judicieux de se présenter dans un style gaullien avec fermeté et souci de rétablir l’ordre dans les rues, en déclarant à la fois l’état d’urgence sécuritaire et de concéder plus sur le plan social par l’impôt sur la fortune par  exemple.

Enfin n’oublions pas le vrai scandale des gardes à vue abusives, des arrestations préventives du 8 décembre, plus de 1000 arrestations,qui n’ont en aucun cas empêcher la casse. Les forces de l’ordre ont déployé les véhicules blindés, les unités équestres de la gendarmerie c’est-à-dire des moyens sans précédent mais qui ne furent jamais utilisés quand c’était les banlieues qui s’en prenaient à l’ordre républicain et à l’unité de la nation. C’est d’ailleurs ce qu’a déclaré à juste titre NicolasBay (RN) sur la manifestation des Gilets Jaunes du 8 décembre : «Des moyens absolument considérables ont été déployés hier : des blindés, plus de 1 000 interpellations avec des poursuites judiciaires derrière … C’est intéressant de voir que l’Etat aujourd’hui déploie en une matinée ou une journée ce qu’il n’a jamais été capable de déployer pour remettre de l’ordre dans les cités quand il y a des émeutes.»