SI CE SONT LES PRÉFETS QUI LE DISENT …

Michel LHOMME

Dans les colonnes du Monde, les préfets nommés par le pouvoir ont exprimé fait inhabituel leurs inquiétudes voire leur désarroi sous le sceau de l’anonymat, ne comprenant pas l’autisme du Président et du gouvernement dirigé par le traître juppéiste et atlantiste Edouard Philippe. « Ce qui se passe est le fruit d’années de fragmentation de la société française », juge l’un des préfets. Un autre souligne : « Pour l’heure, la réponse de l’exécutif est à côté de la plaque. » « Je suis très inquiet car le pouvoir est dans une bulle technocratique, renchérit un autre. « Ils sont coupés de la France des braves gens qui n’arrivent pas à boucler leurs fins de mois. Ils n’ont aucun code et aucun capteur. Nous, les préfets, pourrions leur donner des éléments mais ils ne nous demandent rien. Quand ils viennent sur le terrain, c’est parés de leur arrogance parisienne. » Très curieux : que des préfets chargés d’exécuter les ordres du gouvernement déclarent cela au quotidien vespéral éclaire sur la gravité d’une situation que plusieurs représentants de ce corps de hauts fonctionnaires décrit comme « explosive et quasi insurrectionnelle », voire « pré-révolutionnaire ». Pour eux tous, le mouvement des gilets jaunes regroupe des profils très différents : « Dans mon département, analyse un préfet, le mouvement agrège des travailleurs pauvres, des retraités avec de petites pensions qui s’estiment touchés dans leur dignité, des dirigeants d’entreprise de travaux publics confrontés à des hausses de prix des carburants et des patrons de sociétés de petite taille, qui affirment ne pas s’en sortir. » C’est pour un autre « une révolte des classes moyennes, des classes populaires et de la petite bourgeoisie contre l’oppression fiscale, l’augmentation continue des taxes et des impôts qui conduit à une perte très sensible du pouvoir d’achat et qui crée des conditions de vie de plus en plus difficiles ».